Krugman sur la globalisation — moins inconditionnel

Paul Krugman est un économiste bien connu. Longtemps au MIT il est maintenant à Princeton. Dans cette allocution il dit plein de choses intéressantes/importantes relativement au phénomène de la globalisation. Lui qui était un partisan "inconditionnel" du libre échange dit maintenant observer des signes préoccupants quant à l’effet de la globalisation sur les disparités salariales dans les pays développés.

Avant d’écouter, il serait utile de jeter un oeil ici – en particulier sur le graphe des inégalités de revenus. On observe que l’écart grandissant ne coincide pas avec la spectaculaire ouverture de la Chine. On remarque aussi que l’écart s’est rétréci avant de reprendre de l’expansion. Krugman, un économiste libéral, attribue l’écart grandissant, d’abord à l’effet de spécialisation, tout en ajoutant que la globalisation ajoute des effets pervers, concentrés au sommet de la hiérarchie des revenus

Si Krugman n’est pas un orateur spectaculaire, il n’y a toutefois pas plus crédible.

en flux ou à télécharger

Publicités

L’autre sens du marketing social

Michel Leblanc est un des bloggeurs les plus influents du Québec. Dans un billet récent (sur lequel je suis tombé de fil en aiguille après une recherche sur le concept de marketing social) il relaie l’opinion d’un associé de Forrester concernant le marketing social.

Il m’aura fallu plusieurs minutes pour comprendre que Kardon et Leblanc parlent de marketing des réseaux sociaux (du genre MySpace, Orkut, Facebook, etc.) et non pas de marketing social dans le sens usuel du terme (i.e. l’utilisation des techniques marketing pour promouvoir une "bonne cause" — ex: lutter contre la consommation d’alcool au volant).

En fouillant un peu plus — Kardon s’intéresse à l’utilisation des réseaux sociaux dans la conception de stratégies marketing (conventionnelles). Un des exemples qu’il apporte à notre attention est le clip Eepybird. Les ventes de Mentos auraient progressé de 14% selon cette source.

Aucun doute que Kardon a raison sur le fond. Sur la forme, il faudrait peut-être repenser l’appellation "marketing social".

Link: Les cinq objectifs d’affaires d’un blogue ou du marketing social | Michel Leblanc, M.Sc. commerce électronique. Marketing Internet, consultant, conférencier et auteur.


Le multiculturalisme

(à la hâte…)

Hier je mettais enLigne une présentation spectaculaire. Aujourd’hui, le ton est moins extravagant, mais le message important. Karim H. Karim, Directeur du School of Communication and Journalism at Carleton University. Un podcast de la série IDEAS de la CBC.

1) l’exposé démarre lentement (la métaphore de l’éléphant est usée) mais progresse de façon méthodique et remarquable.

2) je partage entièrement l’observation que Karim fait en terminant son exposé (i.e. les diasporas peuvent garder un contact nettement plus étroit que ce n’était le cas il y a 3 générations, avec des impacts qui ne sont pas condidérés explicitement

3) je partage aussi complètement sa réponse à la première question (des professionnels responsables doivent apprendre à apprécier les différences et à reconnaître les points communs.

Et de nombreux autres éléments importants. (en particulier la différence qui existe entre les modèles canadiens (salade), américain (melting pot), britannique (intégration négligente) et française (assimilation dans un modèle unique. Et crois, comme lui, que notre modèle est supérieur. Mais que des défis (évidents) pointent à l’horizon.

Autre point. Rosling présente un message tout aussi important, quoique différent. J’ai l’impression que l’extravagance peut nuire à la compréhension. Mais peut aussi réfléter mes goûts personnels

en flux ou à télécharger


L’impossible est possible — et le pouvoir des blogs

Cet après-midi, problème avec le beta de présentation de Google. De fil en aiguille je suis tombé sur cette présentation (un blog parle de google presentation, dit que l’application n’est probablement pas à la hauteur et pointe sur un classique de Kawasaki — la règle du 10-20-30, lequel pointe sur un blog spécialisé en présentations, lequel pointe sur cette incroyable présentation de Hans Rosling)

Il faut écouter la présentation. Il y a ce logiciel fantastique qui permet de voir la réalité avec des yeux frais. Il y a l’argument de base qui parle de développement économique et du fait que ce qui semble a priori peu probable est en fait relativement plausible. Et il y a la finale, invraisemblable.

À voir ABSOLUMENT.

Et je note en passant que toute l’information est relayée par des blogs. Requête lancée sur un moteur de recherche, matériel offert par un site spécialisé. Mais entièrement relayé par des blogs.


Un marché noir dans le secteur de la santé

Dans le cours de Marketing Responsable, nous parlerons du marché pour les organes de remplacement (devrait-on autoriser l’achat/la vente d’organes humains). Si l’idée répugne, elle est peut-être préférable à l’existence d’un marché noir.

Par hasard je suis tombé sur un podcast de la CBC qui parle du phénomène des files d’attente dans le secteur de la santé. Préparé par un médecin, l’émission explique comment les gens font pour ne pas attendre. De toute évidence les contacts personnels jouent pour beaucoup.

Ce qu’il faut retenir, je suppose, c’est qu’en dépit de la réglementation (au Canada la santé est un bien public et gratuit, il n’y a pas de marché permettant d’offrir de l’argent pour obtenir un service — sauf exceptions qui se multiplient) un marché se crée. La monnaie d’échange est le capital humain que quelqu’un accumule par ses contacts personnels.

Podcast en flux ou à télécharger


Cours sur le marketing responsable

Le programme de deuxième cycle a approuvé la création du cours Marketing Responsable. Ce cours sera offert dès l’automne 2007, dans une forme provisoire (détails plus bas)

L’idée fondamentale du marketing est d’identifier des opportunités d’affaires en répondant aux besoins des consommateurs. À première vue, excellent. Mais certains diront que c’est cette philosophie qui est à l’origine de l’épidémie d’obésité (les entreprises offrent ce que les consommateurs demandent, même si ce qu’ils demandent n’est pas dans leur intérêt). D’autres pointent du doigt les entreprises en les accusant d’être responsables du réchauffement global.

Si je suppose que la majorité des étudiants est capable de comprendre qu’il n’est pas recommandé d’appliquer les techniques de marketing pour vendre de l’héroïne au coin de la rue, il est moins évident de disposer des accusations relatives à l’épidémie d’obésité et au réchauffement planétaire. Il est encore moins évident de construire une réponse stratégique appropriée, faute d’outils adéquats. Non, la vente de frites n’est pas un crime et la police ne vous importunera pas. Mais la vente de cigarettes pourrait vous causer des ennuis, dans certains cas. Et la vente de frites a donné lieu à des poursuites civiles. Sans compter l’opinion publique qui affecte la valeur de votre marque. Cette opinion publique est-elle le précurseur de contraintes légales? (non, pas si simple)

C’est ce genre de questions que je souhaite explorer dans le cours. En gardant à l’esprit que nous formons des gestionnaires. Et que l’idée importante est de développer des outils permettant de comprendre comment la société intervient de plus en plus dans le processus de développement d’une réponse à une opportunité de marché.

La liste des lectures qui figure au plan de cours a été développée par Stanley Shapiro, professeur émérite de Simon Fraser University. Shapiro est bien connu dans le milieu du macro-marketing et il a mené une consultation auprès des membres de la communauté académique sur ce qui constituerait un bon recueil de lectures. Comme j’avais l’intention de développer un tel cours, l’occasion était trop belle pour ne pas la saisir.

Ce que je tiens personnellement à développer, c’est l’idée que le marketing doit être pratiqué de manière responsable. Ce qui n’est pas la même chose que de dire que l’on doit respecter des normes éthiques précises. L’idée de marketing responsable suppose deux choses : 1) une entreprise doit comprendre la portée de ses gestes; 2) et doit en mesurer les conséquences. Ces conséquences sont le résultat des actions des parties prenantes de l’organisation, qui peuvent exercer divers pouvoirs sur cette dernière.

Mon objectif est de parvenir à mieux comprendre ces équilibres de forces et les gérer, soit dans la perspective du gestionnaire soit dans celle de l’activiste.

Pour le moment je prévois donner le cours à l’automne sur la base des lectures identifiées par Shapiro. Puis modifier le contenu en prévision de 2008.

Pour l’automne 2007, le cours s’offrira comme si c’était une lecture dirigée. Je pense rendre obligatoire 2 lectures par thème (j’indiquerai lesquelles cet été). Si plusieurs étudiants étaient intéressés, nous pourrons nous rencontrer en classe (voir avec Céline Pouliot pour les détails. Je pense que ce sera les mercredis ou jeudis 12:30). Sinon, on peut imaginer quelques rencontres informelles, ou 100% Internet. Ou un panaché.

Si l’idée d’un tel cours vous intéresse, faites-moi signe. Faites passer le mot. Et nous verrons bien ce que nous pourrons apprendre d’utile, cet automne.


Why Not Tax the Tall? – New York Times

Lire les sources quand j’aurai 2 minutes. En bref, un argument qui attaque le principe distributif du système de taxation.

(Si vous tombez sur ce billet accidentellement): Welfare economics est une discipline où on considère les effets globaux d’une réglementation, mais pas les effets distributifs, lesquels sont en principe mieux servis par un système de redistribution via impôts et taxes. Cet argument est utilisé, par exemple, pour défendre le principe de services de santé privés (socialement + efficients que des services publics, réglementés, en disposant de l’argument de bien essentiel qui ne serait pas disponible aux moins fortunés, lesquels devraient recevoir juste redistribution via crédits d’impôts ou autrement.

Link: Why Not Tax the Tall? – New York Times.

“This result has two possible interpretations,” the men write with tongue-bulged cheeks. “One interpretation is that individual attributes correlated with wages, such as height, should be considered more widely for determining tax liabilities. “Alternatively, if policies such as a tax on height are rejected, then the standard utilitarian framework must in some way fail to capture our intuitive notions of distributive justice.”