sellaband – marketing social de la musique

Vous connaissez sellaband.com ? Un concept intriguant où les artistes lèvent du financement ($50k) auprès de fans (believers) qui financent la production d’un album (à la hauteur minimale de $10). La distribution en MP3 est gratuite. Les believers, en plus d’avoir eu la satisfaction de permettre à un artiste qu’ils apprécient de se payer une production professionnelle, reçoivent un CD (token physique qui demeure important malgré tout). 

1) le modèle d’affaires est similaire à celui de kiva.org (qui met en relation des prêteurs et entrepreneurs qui recherchent du micro-crédit).

2) la littérature académique parle depuis relativement longtemps du rôle changeant du consommateur dans le processus marketing. On parle de co-création depuis quelques années (cf Prahalad et Ramaswamy : Prahalad est un des auteurs les plus influents en management stratégique). Mais franchement, cette vision était articulée de manière nettement plus bénigne (ex: développement de logiciel faisant appel à une communauté d’utilisateurs pour accélérer le processus, UGC, etc.)  Kiva.org et sellaband.com poussent le concept beaucoup plus loin, brouillant totalement la frontière entre producteur et consommateur. On peut toujours dire que eBay jouait aussi le rôle de simple organisateur entre des acteurs privés, mais le modèle de base des enchères n’a pas vraiment été modifié. Idem pour facebook, youTube et autres succès 2.0. Kiva et Sellaband (encore plus sellaband je crois) sont des plateformes qui permettent à un individu de devenir un producteur.

3) l’industrie conventionnelle de la musique est confrontée à l’implosion de son modèle d’affaires. Un articie intéressant dans Business Week. BW n’est absolument pas un périodique de geeks illuminés. L’analyse qu’ils publient, et surtout la collection de vignettes qu’il joignent à leur article, donne l’impression que le secteur comme on l’entendait est un mort en sursis.

4) Si vous mettez le doigt sur d’autres exemples à la kiva.org / sellaband.com, merci de me les relayer.

5) De manière traditionnelle, marketing social réfère à l’utilisation des techniques marketing à des fins sociales (bonnes causes). De plus en plus, marketing social est utilisé pour décrire des activités marketing visant l’univers 2.0. Je vais personnellement considérer sérieusement la possibilité d’utiliser l’expression marketing social pour décrire des activités de type kiva / sellaband — des activités de co-création.

Publicités

Kiva – Idée géniale

Kiva.org est un site qui met en relation prêteurs et emprunteurs de micro-entreprises. Sur le site on trouve une grande variété de minuscules projets qui vont de l’achat d’équipement de pêche à la construction d’une pièce dans la maison en passant par l’achat de marchandises pour ouvrir une épicerie. Les montants requis sont minimes par nos standards. Significatifs pour ceux qui ont besoin de ce micro-crédit.

Mieux. Si un emprunteur potentiel a besoin de $500. 20 prêteurs peuvent cotiser chacun $25.

Meux encore. 100% des fonds qui sont prêtés vont dans les mains de l’emprunteur. On propose une contribution additionnelle pour aider au financement de Kiva.

Et toujours mieux. Kiva s’appuie sur des organismes locaux qui traitent les demandes. Des statistiques de risque sont disponibles sur chacun. (pratiquement aucune délinquance).

Et vachement bien fait. J’ai prêté $25 en quelques clics. Paiement Paypal. Me semble nettement mieux comme geste que d’acheter équitable ou de cotiser l’oeuvre caritative ABC. Il y a un projet. Un nom. Un suivi.

Et franchement impressionnant. Leur approche est tout ce qu’il y a de viral/social/2.0/appelons-ça-comme-on-le-veut-avec-le-mot-du-jour. Voir par exemple le bandeau qui apparait sur le côté de mon blog.

Primé ici et là. Tas d’appuis. Vraiment excellent comme idée.

Aux étudiants du cours de markleting responsable: Kiva est un exemple parfait de marketing social, dont le sens premier est celui d’une place de marché où les acteurs sociaux se prennent en main. Pas de leçons de morale. Des résultats.

Aux étudiants du cours entrepriseDigitale: Kiva est un excellent exemple de la profondeur des impacts qui se font sentir de plus en plus à tous les niveaux de la société. Kiva est un autre exemple de UGC (User Generated Content). Et tout comme youTube transforme les industries de la télé et de la publicité à une vitesse hallucinante, Kiva pourrait transformer l’industrie caritative. Dans une entrevue à l’emission Search Engine, la relationniste de Kiva faisait allusion au fait que leur projet a des points communs avec les réseaux sociaux à la FaceBook.


Krugman sur la globalisation — moins inconditionnel

Paul Krugman est un économiste bien connu. Longtemps au MIT il est maintenant à Princeton. Dans cette allocution il dit plein de choses intéressantes/importantes relativement au phénomène de la globalisation. Lui qui était un partisan "inconditionnel" du libre échange dit maintenant observer des signes préoccupants quant à l’effet de la globalisation sur les disparités salariales dans les pays développés.

Avant d’écouter, il serait utile de jeter un oeil ici – en particulier sur le graphe des inégalités de revenus. On observe que l’écart grandissant ne coincide pas avec la spectaculaire ouverture de la Chine. On remarque aussi que l’écart s’est rétréci avant de reprendre de l’expansion. Krugman, un économiste libéral, attribue l’écart grandissant, d’abord à l’effet de spécialisation, tout en ajoutant que la globalisation ajoute des effets pervers, concentrés au sommet de la hiérarchie des revenus

Si Krugman n’est pas un orateur spectaculaire, il n’y a toutefois pas plus crédible.

en flux ou à télécharger


Le multiculturalisme

(à la hâte…)

Hier je mettais enLigne une présentation spectaculaire. Aujourd’hui, le ton est moins extravagant, mais le message important. Karim H. Karim, Directeur du School of Communication and Journalism at Carleton University. Un podcast de la série IDEAS de la CBC.

1) l’exposé démarre lentement (la métaphore de l’éléphant est usée) mais progresse de façon méthodique et remarquable.

2) je partage entièrement l’observation que Karim fait en terminant son exposé (i.e. les diasporas peuvent garder un contact nettement plus étroit que ce n’était le cas il y a 3 générations, avec des impacts qui ne sont pas condidérés explicitement

3) je partage aussi complètement sa réponse à la première question (des professionnels responsables doivent apprendre à apprécier les différences et à reconnaître les points communs.

Et de nombreux autres éléments importants. (en particulier la différence qui existe entre les modèles canadiens (salade), américain (melting pot), britannique (intégration négligente) et française (assimilation dans un modèle unique. Et crois, comme lui, que notre modèle est supérieur. Mais que des défis (évidents) pointent à l’horizon.

Autre point. Rosling présente un message tout aussi important, quoique différent. J’ai l’impression que l’extravagance peut nuire à la compréhension. Mais peut aussi réfléter mes goûts personnels

en flux ou à télécharger


L’impossible est possible — et le pouvoir des blogs

Cet après-midi, problème avec le beta de présentation de Google. De fil en aiguille je suis tombé sur cette présentation (un blog parle de google presentation, dit que l’application n’est probablement pas à la hauteur et pointe sur un classique de Kawasaki — la règle du 10-20-30, lequel pointe sur un blog spécialisé en présentations, lequel pointe sur cette incroyable présentation de Hans Rosling)

Il faut écouter la présentation. Il y a ce logiciel fantastique qui permet de voir la réalité avec des yeux frais. Il y a l’argument de base qui parle de développement économique et du fait que ce qui semble a priori peu probable est en fait relativement plausible. Et il y a la finale, invraisemblable.

À voir ABSOLUMENT.

Et je note en passant que toute l’information est relayée par des blogs. Requête lancée sur un moteur de recherche, matériel offert par un site spécialisé. Mais entièrement relayé par des blogs.


OLPC – stratégie intéressante

OLPC – One Laptop Per Child — lance son programme 2 pour 1. L’idée est que ceux qui achèteront cet ordinateur portable vont financer le don d’un autre qui sera remis à un enfant défavorisé.

Lohr écrit dans le NYT que l’instigateur du projet, Nicolas Negroponte, était déçu du peu d’enthousiasme des leaders des pays en voie de développement, qui tardent à commander ces ordinateurs. Negroponte s’est tourné vers le grand public des pays développés. Du 12 au 26 novembre les commandes seront prises pour des appareils qui seront livrés à temps pour Noël.

L’article soulève des questions intéressantes — entre autres: l’appareil qui se vend pour moins de $200, est destiné à des enfants de milieux défavorisés. On ne sait pas comment ces machines seront perçues dans les pays développés et certains craignent un effet de déception qui pourrait avoir un impact négatif sur le projet.

À lire ici


Un marché noir dans le secteur de la santé

Dans le cours de Marketing Responsable, nous parlerons du marché pour les organes de remplacement (devrait-on autoriser l’achat/la vente d’organes humains). Si l’idée répugne, elle est peut-être préférable à l’existence d’un marché noir.

Par hasard je suis tombé sur un podcast de la CBC qui parle du phénomène des files d’attente dans le secteur de la santé. Préparé par un médecin, l’émission explique comment les gens font pour ne pas attendre. De toute évidence les contacts personnels jouent pour beaucoup.

Ce qu’il faut retenir, je suppose, c’est qu’en dépit de la réglementation (au Canada la santé est un bien public et gratuit, il n’y a pas de marché permettant d’offrir de l’argent pour obtenir un service — sauf exceptions qui se multiplient) un marché se crée. La monnaie d’échange est le capital humain que quelqu’un accumule par ses contacts personnels.

Podcast en flux ou à télécharger